Monument#2 La gare de Limoges

Publié le par victor

Tout cela pour ça. Pour une simple histoire de cœur entre collégiens. Les pompiers, les policiers et même les journalistes sont venus ici, à la gare de Limoges pour apercevoir ce spectacle, du jamais vue. Et moi, Célestin, un grand dragueur de 12 ans, je vais vous raconter cette histoire incroyable qui m’est arrivée le 10 juin.

C’est un lundi. Nous partons à 15h00 direction : la gare de Limoges pour une visite inédite du clocher et de la coupole. Je suis un fan d’histoire. Je suis donc très enthousiaste à l’idée de cette visite de l’emblème de la ville. Dans le bus, je m’assois à côté de mon meilleur ami Jules. Comme d’habitude avec Jules, nous orientons la discussion sur mes amourettes :

- C’est vrai que tu es amoureux de Manon, mon gars ?

- Oui c’est bon, on ne va en faire tout un fromage non plus…

- Oh, t’es amoureux de Manon, t’es amoureux de Manon…

- Moins fort, t’es bête ou quoi je lui chuchote, gêné.

- Tu comptes lui dire quand ?

- Aujourd’hui…

- Ouh la, il y a de l’amour dans l’air…

- Oui, c’est bon…

- Vous parlez de quoi les gars, nous chuchotent Mattéo, ce qui met fin à la conversation.

- Euh…

- Nous sommes arrivés les enfants, nous interpelle Mr. Ramberg, notre prof d’Histoire, n’oubliez rien et surtout pas vos carnets et vos stylos, sinon vous ne pourrez rien noter ce qui serait dommage, n’est-ce-pas Célestin ?

- Oui monsieur…

Puis nous sortons du car. Et je la vois. Elle est petite, la peau mate, les cheveux bouclés noirs et les yeux bruns. Qu’est ce qu’elle est belle !!

- Oh mon gars, t’es en train de rougir, me dit Jules, ce qui me sort instantanément de ma rêverie.

Puis la visite commence. Comme d’habitude, je réponds à toutes les questions. Ce qui me vaut de me faire traiter « d’intello de service » par Kévin. Après la visite du clocher, nous entrons dans la gare. Elle a été mise en service en 1856nous apprend le prof. Puis il nous laisse au milieu de la gare en nous montrant la direction de l’entrée de la coupole et nous dit :

- Je vais voir l’homme qui va vous faire visiter la coupole. On terminera la visite par une randonnée sur le toit avec une vue magnifique sur Limoges.

Puis il part. Je m’assois sur un des bancs au milieu de la gare, pas loin du groupe de Manon. Jean et Jules s’approche et s’assoit à côté de moi. Jules commence la conversation :

- J’ai raconté à Jean pour Manon…

- Ok, je réponds simplement.

- Pourquoi tu ne vas pas lui demander questionne Jean.

Non loin, les filles se sont levées.

- Vas y tente ta chance… renchérit Jules

- Euh…

- Allez !!

- Ok, ok…

Je m’approche de Manon.

- Manon…

- Oui me fait-elle avec un grand sourire.

Quand elle se retourne, cela me fait l’effet d’un coup de poignard. Comment je vais pouvoir lui demander ? Elle est si belle. Je bégaye mais réussit à articuler

- Est… Est-ce-que… Est-ce-que tu veux… sortir avec moi ?

Elle rougit. Mais moi, dragueur que je suis, je m’enfuis en courant. Pourquoi ? Ne me le demandez pas. Je suis assez timide et je perds tous mes moyensdevant une fille qui me plaît. Je cours donc. Ce qui cause un bazar assez conséquent dans la gare. Les agents de sécurité essaient de me rattraper mais je suis un rugbyman. Je sais faire les crochets mieux que personne. Je les évite donc tous, un à un. Au bout d’un moment, je m’arrête. Les contrôleurs et les agents ont dû s’en apercevoir car ils arrêtent à leur tour de courir et retournent à leurs taches habituelles. Marc, un autre gars de ma classe très sympa me rejoint.

- Oh la la, quel dragueur !!! me dit-il en m’administrant une claque amicale dans le dos. Tu a fait tourner en bourrique tous les gars de la gare. Malheureusement pour toi, il y en a un qui est allé prévenir Mr. Ramberg. Je ne te dis pas ce que tu vas prendre.

Merde !!! Il n’y a pas d’autre mot. Comment je vais faire ? Camille et Sarah ne me donnent pas le temps de réfléchir. En effet, les deux meilleures amies de Manon arrivent en courant par derrière pour m’attraper et me faire passer un interrogatoire. J’entends Marc qui crie :

- Attention !

Mais je suis agile. Je passe sous les bras des deux filles et me remets à courir. Après avoir parcouru une centaine de mètres, Mr. Ramberg se plante devant moi et dit :

- Célestin, tu vas avoir de sérieux ennuis ! Arrête-toi tout de suite !

Je passe à côté de lui sans broncher. Quelle poisse ! Je vais être collé pour avoir demandé à une fille de sortir avec moi. Les deux filles me courent toujours après. Kevin hurle aussi à présent :

- Tu n’as pas le droit de courir…

Quel casse-pied !! Je prends maintenant la direction de la coupole. Je sais que les fondations sont en bois. J’ai donc une chance de me cacher dedans. Je commence à monter les escaliers. Une question me titille cependant et m’inquiète. Où est passé le gars qui est censé nous faire la visite ? Je n’en sais rien. Les escaliers montent en carrés. A un angle droit, je me fais piéger par le guide. Il a une quarantaine d’année, une barbe et des yeux verts. Il me tient fermement avec le bras gauche et crie :

- Je l’ai eu Didier !

- J’arrive crie Mr. Ramberg.

Il faut à tous prix que je m’échappe. J’ai alors une idée.

- Tu m’étrangles ! je crie au gars.

Il me met la main sur la bouche. Je le mords. Il me lâche en criant :

- Aie !!!

Je me remets à courir. Je récapitule. J’ai maintenant à mes trousses : Un guide qui ressemble au yéti et veut sûrement ma peau pour avoir arraché une partie de la sienne, un prof enragé qui veut me faire passer un sale quart d’heure et quelques heures de colles au passage ainsi que deux filles qui vont m'intérrogersuper longtemps si elle m’attrapent. Je n’ai aucune raison et aucune envie de m’arrêter. Donc je ne m’arrête pas. J’aperçois enfin les fondations de la coupole. Arrivé ici, je me cache derrière une poutre. Je ne bouge pas. Il est à ce moment 16h00.

Je vois le yéti et le prof arriver et crier :

- Célestin, vient ici tous de suite !

Puis ils se séparent. Le yéti s’approche, passe à côté de moi. Je lui chaparde les clés de la porte qui mène au toit. Puis je me remets à courir. Arrivé à la porte. J’attrape une clé au hasard et la tourne dans la serrure. Elle s’ouvre. Alléluia ! J’arrive sur le toit. Quelle vue, Je domine tout Limoges malgré mes 1m45. Le yéti arrive. Fous de rage. Il est trop rapide. Il m’attrape à la gorge. Je lui murmure :

- Ce n’est pas des manières d’être avec un enfant…

- Je m’en fous, tu m’as mordu et j’en ai marre qu’on me prenne pour un idiot mal rasé.

Le pauvre homme. Il délire. En attendant, il serre toujours plus fort. Je commence à voir des étoiles. Heureusement, Mr. Ramberg et les filles arrivent. Le prof fait lâcher la pression exercée par la main du guide en lui mettant une claque.

- Vous êtes malade ou quoi !

- Non mais j’en ai marre de cette vie, j’en ai marre que l’on me prenne pour un vulgaire guide et pour un idiot. J’en ai marre !!

Il était ailleurs. Il n’était plus avec nous. Malheureusement, J’eu la mauvaise idée de me retourner. Il me pousse. Je dévale la coupole sur le cul. Arrivé en bas, Je me relève et crie :

- Tout va bien.

Toute la classe est là sur le toit et me regarde. Et parmi toutes ces personnes :Manon.

Voilà. Cela fait maintenant une heure que je suis bloqué sur le toit. Les pompiers arrivent et me font descendre. Après un rapide examen dans leur camionnette, ils me laissent ressortir avec quelques bandages. Nous repartons au collège après avoir fait la visite du toit. Au retour, je m’assois à côté de Marc. Manon est devant nous. Après deux minutes de trajet, elle me chuchote :

- Oui.

Arrivé au collège je ne pense plus qu’à une chose : partir et aller dormir. Je commence par prendre mon manteau dans mon casier. Plusieurs gars et filles et de ma classe me barrent le chemin et me pose a chaque fois la même question :

- Alors, c’est vrai que tu sors avec Manon ?

A chaque fois je ne réponds pas. Jean arrive et me charrie sur la situation

- Quel dragueur, un vrai gentleman…

Je le poursuit mais m’arrête au bout de 30 secondes. Puis je sors du collège.

A la sortie, Manon, Jules et quelques autres copains m’attendent. Je dis au revoir à Jules et attend qu’il parte. Puis je me retrouve face à Manon. Je lui dis :

- Qu’est-ce que tu es belle.

Et on s’embrasse.

FIN

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