L'atelier d'écriture n°220 de Leiloona : Le voyage d'une souris

Publié le par victor

un tableau de Jérôme Bosch
un tableau de Jérôme Bosch

Elle ouvre doucement les yeux, l'un après l'autre. Puis elle tente de se relever, les pattes encore ankylosées par ce long et doux sommeil. Méchamment ballotée par les eaux, elle hume l'air autour d'elle, découvrant peu à peu où elle se trouve. Comment est-elle arrivée ici ? Elle n'en a pas la moindre idée. Le crissement de ses pattes sur le tube de verre la fait sursauter. Elle se dirige en quelques bonds vers le bout du petit tube. Là, elle observe tout autour d'elle et elle voit : du bleu. Du bleu à perte de vue. Elle s'approche encore. Elle distingue maintenant nettement les remous et les vagues. Poussée par la curiosité, elle approche son délicat museau encore plus près de l'eau. Soudain, une légère secousse la fait chavirée. Paniquée, elle tente par tous les moyens de remonter à bord de son petit abris de verre. Mais peu à peu, ses forces l'abandonnent. Elle sent qu'elle n'arrivera pas à remonter, et que l'immense étendue d'eau salée va aspirer son petit corps frêle vers ses entrailles pour s'en nourrir. Alors, dans un ultime effort, elle tente de s'accrocher au bord de la paroi transparente. Elle s’y emploie de toutes ses forces, et réussit à revenir à l'intérieur de l'abris tant convoité. C'est là qu'elle les aperçoit. Des poissons de toutes les couleurs. De toutes les formes. Elle les regarde, étonnée et apeurée par ces étranges créatures. Elle se tapit au fond de son tube. Mais elle n’a pas le temps de philosopher sur ses étranges animaux. Elle est projetée violemment contre la paroi par une grande vague. Le choc est rude, mais la petite souris est courageuse. Maintenant, plus rien ne bouge. Le petit rongeur ose alors un regard vers l'extrémité ouverte. Le sable, comme un refuge et une porte de sortie, s'ouvre à elle. Mais elle est coupée dans son élan par l'apparition d'un humain, qui s'approche de plus en plus près. Trop près. La souris se sent alors soulevée du sol. De nouveau paniquée, elle s'approche du côté ouvert de son tube. Mais avant qu'elle n’ai pu tenter quoi que se soit, elle entend alors une exclamation :
- Regarde Papa ce que j'ai trouvé près des rochers ! Une souris ! UNE SOURIS ! UNE VRAIE SOURIS !
- Je vois bien ma puce, mais tu ferais mieux de la relâcher qui sait, elle porte peut-être une....
Avant qu'il n'est pu terminer sa phrase, le petit mammifère, profite d'un moment d’inattention de la petite fille, saute alors sur le sable mou, et s'échappe en courant, sans trop savoir où aller.

Publié dans écriture

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Claude 16/05/2016 21:54

Joli texte. En plus, il se concentre sur le petit détail du tableau que tu exploites parfaitement. On est vraiment avec la souris. On est même la souris...

Nady 16/05/2016 19:13

Tu aimes bp l'univers de la mer Victor ;) un bien joli texte, merci

jade 16/05/2016 18:36

Super bien écrit!! Comme d'habitude. Continu;)

Benedicte D. 16/05/2016 18:16

On n'imagine pas toujours à quel point ça peut être dangereux l'univers d'une souris !!!!....Merci de nous le rappeller avec humour et une pointe de tendresse !!!!

Leiloona 16/05/2016 11:52

Espérons que la suite de son chemin soit meilleur ! :)