Service presse : Les évadés du bocal de Bruno Longchampt, la critique

Publié le par victor

Service presse : Les évadés du bocal de Bruno Longchampt, la critique

Résumé : Il sont trois à s'évader de leur hôpital psychiatrique : Yves, le vieux altermondialistes parano, Lisa la maniaco-dépressive et Sandro, le jeune schizophrène halluciné. Soudés au chalumeau, ces trois évadés nous entraînent dans une enquête déjantées, à base de complot et de trafic d'organes. Qui sont les fous dans cette histoire ?


Introduction : Un livre marquant, poignant, drôle...


Commentaire : Je tiens à remercier les éditions Sarbacane qui m'ont permis de découvrir cette histoire !


Je ne connaissais pas Bruno Lonchampt avant de découvrir cet ouvrage. Je me suis donc un peu renseigné sur sa bibliographie, et j'ai découvert qu'il avait publié un autre roman dans la collection Exprim': Bloc de Haine. J'avoue que c'est un livre qui me tente énormément, car il aborde un sujet qui m'intéresse beaucoup : le racisme. Je pense que je me le procurerais très prochainement, car son dernier bouquin m'a largement convaincu.


L'auteur nous mène à la rencontre de Yves, Lisa et Sandro. Trois personnages, trois maladies, trois caractères bien distinct. Je me suis beaucoup attaché à chacun d'entre eux durant ma lecture. Yves, le parano, qui est persuadé de vivre dans un monde conspirationniste, fait un peu figure de doyen et de meneur de la bande. Je pense que le regard qu'il porte sur la société, sur les partis politiques, est surtout le regard de Bruno Lonchampt lui-même, qui nous montre sa vision des choses à travers Yves. On ressent bien la haine ouverte que ce dernier voue au capitalisme et aux grands patrons. C'est un anarchiste de longue date. Sandro, lui, est jeune et un peu paumé. Schizophrène, il croit que le monde extérieur est pourri et infecté, et que lui-même est en train de le devenir. Il voit des messages cachés sur les tag d'un mystérieux Messiah. Ces graffitis apparaissent d'ailleurs tout au long du roman, anti-capitalisme là encore. Lisa, elle, est une maniaco-dépressive. Véritable moulin à parole, elle ne s'arrête plus dès qu'elle a commencé à parler. Ses grands monologues m'ont beaucoup fait rire, surtout quand elle engueule l'un de ses deux compagnons. C'est un trio qui fonctionne à merveille, et qui m'a beaucoup amusé, de part leurs échanges et les plans qu'ils mettent en place. Je trouve que ces trois personnages se complètent, d'une certaine façon, et que chacun apporte beaucoup aux deux autres. Finalement, même si ils sont bien atteints, ils pourraient presque trouver un équilibre fragile à trois.


C'est une histoire déjantée d'évasion et de trafiques d'organes que nous propose Bruno Longchampt, une évasion qui nous amènera jusqu'à Marseille. J'ai adoré suivre les aventures de ces trois personnes. J'ai rarement autant ri durant une lecture. Les situations improbables dans lesquels se mettent les trois personnes sont drôles au possible. Mais derrière cette barrière humoristique, Bruno Lonchampt aborde beaucoup de thèmes beaucoup plus sérieux comme les maladies mentales, la construction de soi, l'amitié, la hiérarchie de la société et bien d'autres encore. Les évadés du bocal est un ouvrage engagé, et ce sur beaucoup de points différents. C'est aussi cet aspect du livre qui m'a marqué et que j'ai beaucoup aimé. Bruno Lonchampt travaille aussi beaucoup le côté psychologique, aussi bien de ses personnages que du lecteur, si bien que parfois, on s’emmêle, et on n'arrive plus à démêler la réalité de la psychose. C'est très bien fait. Bravo à l'auteur.


J'ai adoré la plume de Bruno Longchampt. Parfois trash, parfois poétique, son écriture nous transporte vers d'autres horizons. Il a cette capacité à attraper le lecteur et à l’amener avec lui que j'admire tant. Le roman se lit ainsi très vite, quelques jours à peine. Je finirais par vous citer un extrait du tout début du livre, l’histoire n'a même pas encore commencé. Je l'ai relu plusieurs fois, histoire de bien la mémoriser. La voici :


Nos choix et ceux des autres-tous les autres-
façonnent les reliefs du monde,
les trous béants comme les sommets.
Ajoute le destin et le hasard,
et tu obtiens le bordel organisé qui dérègle nos vies.
Aussi fragile que les battements de
ton coeur.


Un petit mot sur cette fin. Je suis resté penaud, et triste pour les personnages, comme je l’ai rarement été...


J'ai adoré ce roman déjanté et engagé. L'auteur aborde beaucoup de thèmes sérieux rarement abordés dans la littérature Young-Adult. J'aimerais maintenant beaucoup découvrir Bloc de Haine.


Petit + : Le chapitre bonus, présent dans le recueil sorti à l'occasion des 10 ans de la collection Exprim' est terriblement drôle. J'ai retrouvé tout ce que j'ai aimé dans le roman : Lisa et ses tirades sans ponctuations, Yves le révolutionnaire, et Sandro qui fabule sur les chauves. Bravo à Bruno Longchampt pour la bonne dose de rire qu'il m'a infligée !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

LADY MARIANNE 22/09/2016 19:44

tout ma plait dans ce résumé sauf l'anti capitaliste dont l'auteur ??
pourtant il vend ses romans- et doit avoir une belle maison--
les conseilleurs ne sont pas les payeurs--style gauche caviar lol
bisous du soir- bonne fin de semaine-